Portrait d’ancien : Marine Brison

Marine Brison, fondatrice et première présidente d'Interface SPTJC

En quelques mots

Marine Brison, fondatrice et première présidente d’Interface SPTJC (2011)

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• Promo Sciences Po Toulouse 2012
• Master Affaires Internationales et Stratégie d’Entreprise
• MS Strategy and Management of International Business (ESSEC)
• Actuellement Consultante chez KYU Associés (Paris)

 

Témoignage

« Quand j’arrive à Sciences Po Toulouse en 2007, je n’ai pas encore de projet bien défini. Je ne veux pas me spécialiser d’entrée dans le droit, le journalisme et le public m’intéressent vaguement, et j’ai surtout envie de poursuivre dans une voie qui me laisse une large palette de possibilités à la sortie, c’est la force de Sciences Po ! Pour autant, après les deux premières années de tronc commun, je comprends que ma voie ne sera ni le journalisme, ni le public !

Ce n’est qu’en 3ème année que les choses s’éclairent. Je réalise deux stages : le premier à Ubifrance en Espagne, au sein de la Mission Economique. Le rôle d’Ubifrance est d’aider les entreprises françaises souhaitant s’installer là-bas, il faut essayer de comprendre leurs besoins, cerner leur stratégie. C’est cet aspect-là qui me plaît, et me met doucement sur la voie du conseil, le secteur dans lequel je travaille aujourd’hui. Je rejoins la Chambre de Commerce franco-américaine pour la deuxième partie de l’année, un stage très enrichissant, qui me fait à nouveau travailler auprès d’entreprises ayant des problématiques à chaque fois spécifiques et des stratégies très internationales.

J’avais envie de surfer sur le mouvement et de créer une Junior-Entreprise pour Sciences Po Toulouse

J’aime bien avoir du boulot. Après ces deux expériences où j’ai dû faire preuve d’autonomie et de responsabilité, le retour aux amphis en 4ème année ne me fait pas frémir. Je ne me trompe pas beaucoup, dès les premières semaines, je ressens le besoin de faire quelque chose en plus, à côté des heures de cours.  J’avais un peu anticipé la chose. Au cours de l’été, j’avais décidé de prendre contact avec l’association « Interface IEP » tenue par quelques étudiants de Sciences Po, dont l’activité était globalement d’organiser des petit-déjeuners ou conférences orientés entreprises. Dans le même temps, je me suis renseignée sur le mouvement des Junior-Entreprises, leur fonctionnement et leurs actions, qui m’étaient vaguement  connus.  Je me suis dit que c’était le moment pour Sciences Po Toulouse d’avoir la sienne. Alors que dans le réseau, seule la JE de Sciences Po Paris existait depuis plus de 30 ans, celles de Bordeaux et de Rennes venaient de se créer. J’avais envie de surfer sur le mouvement et d’en créer une, pour que Toulouse fasse partie de cette dynamique.

Je fais part au Président d’Interface IEP de mon projet, qui accepte : banco. Je dois donc monter une équipe, et c’est avec des gens de mon Master (Affaires Internationales et Stratégie d’Entreprise) que nous formons le premier mandat d’Interface, que nous renommons ensemble « Interface Sciences Po Toulouse Junior Conseil ».

Le chantier s’annonce… conséquent !

Le chantier s’annonce… conséquent ! Nous sommes un petit groupe de 5-6 personnes, certes solide, mais partons de zéro. Tout est à faire, et personne bien évidemment n’est là pour nous dire comment.

La première tâche est de constituer un bureau pour l’association. J’en suis la Présidente. Devenir une Junior-Entreprise est un processus très encadré, qui nécessite de passer des audits et de se faire labelliser par la CNJE (Confédération nationale des Junior-Entreprises), l’organisme national en ayant la gestion. La préparation du dossier de candidature va occuper une bonne partie de notre temps, avec sa bonne dose d’administratif : il faut changer les statuts, trouver un logo, s’enregistrer auprès de la Préfecture… En parallèle, il est nécessaire de faire connaître notre Junior à l’école. Nous rencontrons pour ce faire de nombreux membres de l’administration, qui nous permettent d’obtenir rapidement une première subvention, essentielle pour nous lancer – nous débutons avec une trésorerie vide. Enfin, et ce n’est pas accessoire, nous devons commencer à prospecter des clients pour obtenir des missions, la raison d’être de toute J.E. Les implications : créer des documents types (proposition commerciale, contrat, etc.), totalement étrangers pour nous à ce stade.

Février 2011, Interface est labellisée Junior-Création, une belle victoire !

Février 2011, la consécration ! Interface Sciences Po Toulouse Junior Conseil est labellisée Junior-Création, statut-étape attribué aux structures nouvellement créées, avant de pouvoir devenir une véritable J.E.  Une belle victoire, le défi a été relevé.

Un bilan ? Je dirais que le plus difficile dans ce type de situation est la gestion d’équipe. Très compliqué en effet de maintenir la motivation des membres, lorsque tout est à faire et que l’on ne sait pas soi-même exactement où l’on va. Certains attendent d’être cadrés –normal, mais ce n’est pas toujours possible, c’est pourquoi nous avons perdu quelques personnes en cours de route.

Pour ma part, la J.E. a été un tremplin

Niveau expérience, c’est un projet très valorisant auprès des entreprises : porter un projet, fédérer une équipe, avoir de l’ambition pour son association et surtout avoir réussi à la pérenniser. Nous avons posé les premières briques, et les mandats suivant tour à tour ont continué à fortifier ces fondations. Cela fait plaisir à voir, tous les membres de l’équipe 2011 en sont vraiment fiers ! Pour ma part, la J.E. a été un tremplin : sans Interface, je n’aurais peut-être pas eu mon stage chez Accenture en fin de Master 2, qui lui-même m’a permis d’intégrer un Master Spécialisé Strategy and Management of International Business à l’ESSEC, puis mon actuel poste de Consultante au sein du cabinet KYU Associés à Paris.

Je suis en train de réfléchir à mes projets pour les années à venir. Poursuivre dans le domaine du Conseil en stratégie et management, ou me spécialiser davantage en Stratégie d’entreprise, un défi également car la concurrence y est rude, les grands cabinets de renom ne recrutant presque que de grandes écoles : HEC, ESSEC, Polytechnique, Ponts… Mais je suis une bosseuse, et reste déterminée. Rendez-vous dans quelques mois !

Un conseil, faites appel aux anciens de Sciences Po !

En attendant le réseau est essentiel pour l’avenir de chacun. Aujourd’hui toutes les écoles et universités renforcent de plus en plus les relations avec les anciens. Il faut davantage développer cette culture à Sciences Po ! De manière générale, les diplômés sont ravis d’aider les étudiants, en les accompagnant notamment sur leur recherche de stage ou d’emploi, en leur présentant des connaissances dans le secteur qui les intéresse. Un conseil, si vous postulez dans une entreprise, renseignez-vous sur les anciens de Sciences Po, même si ce n’est pas Toulouse, et contactez-les ! »

Camille Klein
Camille

Responsable Communication